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Testament modifié : qui a le droit de contester les dernières volontés ?

information fournie par Mingzi 17/06/2026 à 08:43

Crédit photo : 123RF

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Une personne peut changer d'avis au cours de sa vie et modifier son testament. Mais lorsqu'un ancien bénéficiaire se trouve écarté par un nouveau document, peut-il demander son annulation ? Une récente décision apporte une réponse utile pour mieux comprendre les règles de succession.

Dans cette affaire, une femme avait rédigé un premier testament en 1997. Elle y prévoyait de transmettre à une association plusieurs biens immobiliers situés en France et en Espagne.

Ce type de disposition s'appelle un legs particulier. Cela signifie que la personne ne reçoit pas toute la succession, mais seulement certains biens précis : par exemple une maison, un appartement, une somme d'argent ou, comme ici, des biens immobiliers déterminés.

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Mais en 2015, la testatrice rédige un nouveau testament. Cette fois, elle annule toutes ses volontés précédentes et désigne sa sœur comme bénéficiaire principale de sa succession. Si celle-ci décédait avant elle, ses nièces devaient alors recevoir les biens.

À son décès, en 2016, c'est donc ce dernier testament qui est appliqué.

Pourquoi l'ancien bénéficiaire a voulu agir

L'association, qui devait recevoir les immeubles selon le testament de 1997, se retrouve écartée par le testament de 2015. Elle décide alors de le contester en justice.

Son argument : le nouveau testament pourrait être invalide. Elle invoque notamment deux raisons possibles. D'abord, « l'insanité d'esprit », c'est-à-dire l'idée que la personne n'aurait pas eu toutes ses capacités mentales au moment de signer. Ensuite, un possible « vice du consentement », par exemple une pression, une manipulation ou une tromperie.

En droit, ces motifs peuvent effectivement permettre d'annuler un testament. Mais il ne suffit pas de penser qu'un testament est contestable : encore faut-il être autorisé à agir devant le juge.

La règle expliquée simplement

La question centrale était donc la suivante : une personne ou une organisation qui devait recevoir un bien précis dans un ancien testament peut-elle attaquer un testament plus récent qui l'a écartée ?

La réponse est non, dans ce cas précis.

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Les juges rappellent que l'action en annulation d'un testament pour insanité d'esprit ou vice du consentement est réservée aux successeurs universels du défunt.

Un successeur universel, c'est quelqu'un qui a vocation à recevoir l'ensemble de la succession, ou une partie globale de celle-ci. Il peut s'agir d'un héritier prévu par la loi, comme un membre de la famille, ou d'une personne désignée par testament comme légataire universel.

À l'inverse, le bénéficiaire d'un legs particulier ne reçoit qu'un bien ou un ensemble de biens déterminés. Il n'est donc pas considéré comme la personne chargée de défendre l'ensemble de la succession ou les dernières volontés du défunt.

Cette règle peut sembler difficile à comprendre, car l'ancien bénéficiaire a bien un intérêt évident : il perd ce qui lui avait été promis dans le premier testament.

Mais le droit fait une différence entre avoir un intérêt économique et avoir la qualité juridique pour agir. Autrement dit, être concerné ne suffit pas toujours à pouvoir saisir le juge pour demander l'annulation d'un testament.

Cette limite vise à protéger la stabilité des successions. Si tout ancien bénéficiaire pouvait contester chaque nouveau testament, les dernières volontés d'une personne pourraient être remises en cause très facilement, parfois longtemps après son décès.

Ce qu'il faut retenir

Un testament peut être modifié jusqu'au décès, tant que son auteur est en capacité de le faire librement.

Lorsqu'un testament récent remplace un ancien, les bénéficiaires écartés ne peuvent pas tous le contester. Seuls certains héritiers ou légataires ayant vocation à recevoir l'ensemble, ou une part générale de la succession, peuvent demander l'annulation pour insanité d'esprit ou vice du consentement.

Source : Cour de cassation - 4 mars 2026 – Pourvoi n°24-21.711

1 commentaire
  • 09:24

    si elle avait pas rédigé le premier testament , elle n'aurait pas eu
    besoin d'en faire un deuxième , c'est la famille la plus proche qui hérite


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